Yogathérapie

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Delphine Carré, prof de Yogathérapie chez Yoga Garden :

Mon expérience de stagiaire du Dr Jocelyne Borel Khuner à l’hôpital d’Eaubonne.

Docteur en médecine et diplômé de l’Institut de Yogathérapie (IDYT) du Dr Lionel Coudron, le Dr Jocelyne Borel-Kuhner est le premier médecin à donner des consultations de yogathérapie qui vise à prendre en charge la douleur sous toutes ses formes. Les pathologies visées vont des plus communes, comme les douleurs chroniques, à d’autres qui le sont moins, comme par exemple la spondylarthrite, la fibromyalgie ou le syndrome d’Ehlers-Danlos. Ayant moi-même été diplômée en 2017 de l’IDYT, Jocelyne a très gentiment accepté que je vienne passer deux jours pour observer ses consultations.

Même si je connais les effets bénéfiques du yoga sur la santé, je dois bien admettre que je suis surprise des dires des patients. “C’est un miracle docteur”, déclare une patiente souffrant de spondylarthrite et qui vient pour la deuxième fois en consultation. L’effet de postures simples faites quotidiennement avec un réajustement alimentaire est pour elle une réussite totale. C’est au tour d’un homme souffrant depuis longtemps de fibromyalgie qui dit être tellement soulagé depuis qu’il fait ses postures et ses respirations. Il n’y croyait pas du tout au début ; aujourd’hui, il veut partir en Inde pour aller plus loin dans ses connaissances. Un autre patient suit. Il souffre de spondylarthrite ankylosante. Jocelyne me montre une photo qu’elle a prise de lui en mai dernier : allongé sur le dos, le haut de son dos, ses épaules, sa tête ne peuvent pas toucher le sol. C’est très impressionnant. Pourtant, après deux mois de pratique, l’amélioration est incroyable !

Une jeune femme en fauteuil atteinte du syndrome d’Ehlers-Danlos vient ensuite. Elle exprime son soulagement  après ses exercices. Elle pratique allongée ou assise sur son fauteuil. Jocelyne lui apprend le “kapalabathi”. Elle se sent détendue. Une patiente de 86 ans souffre de douleurs aux lombaires. Jocelyne lui fait faire des mouvements toujours doux et simples : des mouvements du bassin synchronisés avec la respiration et également des mouvements des mâchoires, allongée sur le sol. Elle trouve cela agréable, cela lui fait du bien. Jocelyne insiste sur son ressenti physique et sur l’importance de laisser reposer le corps sur le sol. Elle lui fait faire une respiration en conscience de ce qui bouge. C’est comme si la patiente prenait conscience pour la première fois de ce qu’est respirer pleinement.

Un homme de 57 ans a de fortes douleurs aux mollets, suite à un grave accident et une greffe. Il a aussi très mal au dos. Il dit avoir essayé plein de choses. C’est en voyant Jocelyne à la télévision qu’il s’est dit pourquoi pas, sans vraiment y croire… Il ne le regrette pas : 60% de ses douleurs ont disparu et il dit ne plus avoir aucune douleur aiguë. Vient le tour d’un petit garçon de 8 ans souffrant d’une forme du syndrome d’Ehlers-Danlos : il est hyperlaxe et se déboite facilement les articulations. Il adore méditer. Alors même qu’il est très agité, Jocelyne lui fait faire une méditation : il s’assied spontanément en lotus et elle l’invite à respirer le parfum d’une fleur, à écouter le son d’un gong … J’ai l’impression de vivre des moments magiques…

Ce sont quelques exemples de ces deux jours où j’ai pu observer tous ces patients qui se sentent écoutés par le médecin et qui, en prenant leur santé en mains, vont beaucoup mieux. Les conseils alimentaires et parfois les compléments font partie de ces consultations de yogathérapie. En effet, l’alimentation est primordiale dans notre équilibre. J’ai une autre surprise en regardant Jocelyne écrire ses ordonnances : ce sont majoritairement des dessins de postures de yoga ! Ses ordonnances rappellent à chaque patient qu’il doit se prendre en charge et être acteur de sa santé. Chaque jour, il lui faudra accorder du temps à son corps, le mobiliser, respirer en conscience, visualiser, méditer aussi parfois. Elle est très claire : le travail viendra d’eux.

Bien évidement il ne s’agit pas ici de faire une heure de yoga par jour : cinq à dix minutes suffisent. L’important est la régularité et surtout la bienveillance envers son corps. “Ahimsa” est le premier des principes du yoga : le respect, qui va du respect de soi au respect des autres. Le respect de son corps est en effet ici essentiel, je dirai même qu’il prend tout son sens car sinon le travail est complètement contreproductif.

C’est pourquoi, ces deux jours passés avec Jocelyne ont donné tout son sens à une phrase si souvent entendue et répétée machinalement dans les cours que je donnais à Londres : “less is more” (“moins c’est mieux”). Les postures qu’elle donne sont d’une grande simplicité : on travaille là, entre autres, la proprioception, la synchronisation du souffle et du mouvement pour réveiller les muscles profonds. De la douceur, du moelleux, voilà ce que l’on donne à son corps. En tant que professeur de yoga, je sais que c’est une des choses les plus dures à faire comprendre à ses élèves. Le yoga n’est pas un simple cours collectif de gym où se mêlent souvent beaucoup d’egos qui se livrent à une compétition corporelle néfaste pour le corps. Il s’agit au contraire d’être dans le ressenti corporel, de lâcher son mental pour entendre ce que son corps dit ou exprime.

Alors faites-vous du bien, faites du yoga !